LA CHÈVRE PASHMINA

Les Bergers

Les bergers nomades Changpa élèvent des chèvres Pashmina depuis des siècles.

Originaires du Tibet, ils ont migré vers la partie indienne du plateau de Changthang au 8e siècle. Depuis, ils se sont installés dans la vallée de Hanle. Leur proximité culturelle et linguistique avec le Tibet a favorisé les échanges avec ce dernier.

Suite au conflit sino-indien de 1962, les bergers nomades Changpas ont perdu leur droit d’accès aux pâturages du côté oriental de la frontière Tibétaine.

En même temps de nombreux réfugiés Tibétains, éleveurs eux aussi, bien que sédentaires, ont fui le Tibet pour trouver refuge au Ladakh.

Depuis, les deux communautés se partagent la production de Pashmina, néanmoins, en raison du nombre limité de pâturages disponibles, les immigrés Tibétains honorent un accord signé en 1962. Ce dernier limite la taille de leur troupeau à 25 chèvres par personne et par famille. Les Ladakhis n’ont pas à s’inquiéter de telles restrictions et alors que 44% d’entre eux ne possèdent pas plus de 50 animaux, 3% ont des troupeaux qui dépassent les 300 têtes. 

Une vie de nomade

De confession Bouddhiste, les Changpas croient fermement en l’origine sacrée de leurs chèvres pashmina, de ce fait ils vivent au rythme  de  leur  bétail  et  de  la  nature  qui  les  entoure. 

Confortement à la tradition, les familles avec les plus grands troupeaux changent leur campement 8 à 10 fois par an. Cela afin de permettre la régénération des ressources naturelles dans la zone occupée. 

Les familles avec des troupeaux de taille plus modeste forment, quant à elles, des coopératives leur permettant de développer d’autres activités commerciales en parallèle.  

Bien que nomades, de plus en plus de Chanpgas ont néanmoins une maison dans un des villages de la vallée. C’est ici que vivent les personnes âgées de la famille ainsi que les enfants. Ces derniers peuvent ainsi accéder à une scolarité. En effet, l’accent étant mis de plus en plus sur l’éducation, chaque village a par conséquent une école primaire.

Les campements

Les pâturages du Ladakh se situent à des altitudes allant de 4.000 à 5.600 mètres.

Les Changpas respectent un système d’attribution de ces derniers bien organisé, de manière à empêcher le sur-pâturage. 

Les campements aussi respectent des critères d’implantation précis. La position et l’orientation des tentes suit un ordre défini. Ainsi, ces dernières sont installées avec l’entrée orientée vers l’Est et face au lever du soleil. Les vents d’Ouest étant les plus violents, il serait en définitive peu propice de faire face à cette direction. 

La nuit, le bétail est rassemblé en un cercle, au centre duquel sont placées les chèvres Pashmina. Ces dernières sont ainsi protégées des intempéries et du froid par le reste du cheptel qui fait office de « bouclier ».

Un précieux duvet

Domestiquées depuis des siècles, les chèvres pashmina produisent le précieux duvet. Une fois vendu aux artisans de la Vallée du Cachemire, celui-ci sera ensuite utilisé pour la confection d’étoles et de châles.

Peu de temps après leur naissance, les mâles pashmina sont castrés, à l’exception des animaux sélectionnés à des fins de reproduction.

Le critère principal dans la sélection de ces derniers étant la couleur du duvet, la préférence est donnée au blanc. 

Les bergers commencent à prélever le duvet de pashmina entre la mi-mars et le début du mois de juin. La récolte se termine généralement au cours de la première semaine d’août.

Le pashmina est gentiment prélevé à la main à l’aide de peignes aux pointes arrondies. La quantité de fibre prélevée est d’environ 200/250 g sur une femelle et de 300/500 g sur un mâle. Ces chiffres font essentiellement référence au produit brut, non nettoyé de ses impuretés (secrétions, poils, terre, feuilles, herbes …) et qui sera vendu en l’état aux artisans de la Vallée du Cachemire. 

La quantité nette de pashmina après nettoyage est estimée à environ 35% du poids initial.

La chèvre Changthangi

Le peuple nomade de la Vallée de Hanle est connu sous le nom de Changpa.  

De confession Bouddhiste, les Changpas croient fermement en l’origine sacrée de leurs troupeaux